Blog 6 - Visa de nomade numérique en Espagne 2026 : nouveaux critères de l’UGE

23/08/2026
Claudia González - Avocate en droit de l’immigration

L’UGE renforce ses contrôles : quels documents devez-vous préparer pour justifier votre expérience et votre activité professionnelles ?

Le Visa de Nomade Digital en Espagne continue d’être l’une des options de résidence les plus attractives pour les professionnels qui travaillent à distance pour des entreprises ou des clients situés en dehors de l’Espagne. Cependant, tout au long de l’année 2026, nous avons constaté un durcissement des critères documentaires appliqués par l’Unité des Grandes Entreprises et des Collectifs Stratégiques (UGE) dans le traitement de ces demandes.

Cela ne signifie pas nécessairement que les conditions établies par la loi 14/2013 ont changé. Dans de nombreux cas, c’est plutôt la manière dont l’UGE exige que les demandeurs prouvent, au moyen de documents, qu’ils remplissent certaines conditions qui a évolué.

Chez Spain Visa Lawyers, nous avons constaté un contrôle de plus en plus approfondi de certains aspects des demandes, notamment dans deux situations :

  1. Les demandeurs qui s’appuient sur trois années d’expérience professionnelle pour justifier leurs qualifications.
  2. Les demandeurs qui présentent leur dossier en tant que travailleurs indépendants, freelances ou independent contractors.

Pour cette raison, préparer une demande de Visa de Nomade Digital en 2026 nécessite de porter une attention particulière non seulement au respect des conditions requises, mais également à la disponibilité de documents suffisants pour pouvoir les prouver auprès des autorités espagnoles.

1. Trois années d’expérience professionnelle : une condition faisant l’objet d’un contrôle renforcé

La loi 14/2013 prévoit que les professionnels qualifiés peuvent demander une autorisation de séjour pour télétravail à caractère international s’ils peuvent justifier d’un diplôme valable ou, à défaut, d’au moins trois années d’expérience professionnelle.

Par conséquent, l’exigence de trois années d’expérience professionnelle n’est pas nouvelle.

Ce que nous constatons dans la pratique est un niveau d’exigence plus élevé concernant la preuve de cette expérience professionnelle.

Auparavant, certains dossiers pouvaient être constitués en présentant des certificats ou des lettres d’anciens employeurs accompagnés du CV professionnel du demandeur.

Aujourd’hui, il est particulièrement important de pouvoir fournir des documents objectifs et vérifiables permettant de retracer le parcours professionnel du demandeur pendant au moins les trois années requises.

Comment prouver trois années d’expérience professionnelle ?

Les documents appropriés dépendront nécessairement du pays dans lequel le demandeur a exercé son activité professionnelle et du fait qu’il ait travaillé comme salarié ou comme travailleur indépendant.

Les preuves pertinentes peuvent notamment comprendre :

  • Des certificats délivrés par d’anciens employeurs.
  • Des contrats de travail.
  • Un relevé de carrière professionnelle ou un document officiel équivalent à la vida laboral espagnole.
  • Des relevés de Sécurité sociale.
  • Des documents fiscaux.
  • Des contrats de prestations de services.
  • Des factures et autres justificatifs attestant de l’activité professionnelle.
  • Des registres officiels permettant aux autorités de vérifier l’activité exercée.

Il ne s’agit pas simplement de démontrer que le demandeur a travaillé pendant trois ans.

Les documents devraient également permettre d’établir un lien entre l’expérience professionnelle antérieure du demandeur et les activités professionnelles qu’il souhaite continuer à exercer à distance depuis l’Espagne.

Ainsi, lorsqu’une demande repose sur l’expérience professionnelle plutôt que sur un diplôme académique, il devient de plus en plus important d’effectuer une analyse préalable des justificatifs disponibles.

2. Travailleurs indépendants et independent contractors : une attention particulière en 2026

Une autre évolution importante que nous constatons actuellement concerne les demandeurs qui travaillent comme travailleurs indépendants, freelances ou independent contractors.

La loi 14/2013 prévoit déjà que, lorsqu’il existe une relation professionnelle, le demandeur doit démontrer qu’il entretient une relation commerciale avec une ou plusieurs entreprises situées en dehors de l’Espagne depuis au moins les trois mois précédant immédiatement la demande.

La période minimale de trois mois ne constitue donc pas, en elle-même, une nouvelle condition.

Cependant, nous constatons actuellement que l’UGE effectue un contrôle plus approfondi de la situation professionnelle du demandeur lui-même, en exigeant, dans certains dossiers, des documents officiels permettant de démontrer que celui-ci exerçait effectivement son activité en tant que travailleur indépendant dans son pays de résidence pendant cette période.

Cette question est particulièrement importante pour les demandeurs provenant de pays tels que les États-Unis, le Royaume-Uni ou le Canada, où le système d’enregistrement des travailleurs indépendants diffère du système espagnol et où il n’existe pas toujours de document directement équivalent à la vida laboral espagnole.

3. Prouver uniquement la relation avec le client peut ne plus être suffisant

Il s’agit d’un point particulièrement important.

Démontrer l’existence d’une relation contractuelle avec une entreprise étrangère est une chose.

Prouver le statut professionnel du demandeur en tant que travailleur indépendant en est une autre.

Par exemple, un contrat conclu avec un client peut démontrer l’existence d’une relation professionnelle entre les parties.

Cependant, si l’UGE exige également que le demandeur prouve qu’il exerçait légalement en tant que travailleur indépendant ou professionnel autonome dans son pays de résidence pendant cette période, il sera nécessaire de fournir des documents officiels délivrés par les autorités compétentes du pays concerné.

Pour cette raison, avant de déposer une demande en tant que travailleur indépendant, nous recommandons de vérifier non seulement l’ancienneté des contrats conclus avec les clients, mais également la date à partir de laquelle le demandeur est officiellement enregistré ou reconnu comme professionnel indépendant dans son pays.

4. Quels documents peuvent prouver le statut de travailleur indépendant ?

Il n’existe pas un document unique applicable à tous les demandeurs.

Chaque pays dispose d’un système différent pour enregistrer et documenter l’activité des professionnels indépendants.

Le document approprié doit donc être déterminé en fonction du pays de résidence fiscale et professionnelle du demandeur.

Selon les circonstances, les documents pertinents peuvent notamment comprendre :

  • Un certificat d’inscription en tant que travailleur indépendant.
  • Un certificat délivré par l’administration fiscale compétente.
  • Des relevés de Sécurité sociale ou de cotisations.
  • Un document officiel confirmant l’enregistrement ou le début de l’activité professionnelle.
  • Des certificats fiscaux.
  • Tout autre document officiel équivalent.

L’essentiel est que les documents permettent de démontrer clairement à la fois le statut de travailleur indépendant du demandeur et l’ancienneté de cette activité.

5. Une attention particulière aux apostilles et aux traductions assermentées

Il s’agit d’un autre aspect particulièrement important des nouvelles demandes de documents complémentaires que nous recevons actuellement.

Lorsque l’UGE demande un document public étranger afin de prouver la situation professionnelle du demandeur ou son inscription en tant que travailleur indépendant, ce document peut devoir être dûment légalisé ou apostillé, en fonction du pays qui l’a délivré et des conventions internationales applicables.

De plus, lorsque le document n’est pas rédigé en espagnol, il conviendra de déterminer si une traduction assermentée en espagnol est nécessaire.

Cela peut considérablement compliquer un dossier si cette question n’est découverte qu’après le dépôt de la demande.

L’obtention de certains certificats officiels, leur apostille puis la réalisation d’une traduction assermentée peuvent nécessiter plusieurs semaines.

Pour cette raison, l’une de nos principales recommandations concernant les demandes de Visa de Nomade Digital en 2026 est d’analyser cette exigence avant de voyager en Espagne ou avant de fixer une date pour le dépôt de la demande.

6. États-Unis, Royaume-Uni, Canada et autres pays : chaque situation doit être analysée individuellement

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à vouloir appliquer la même liste de documents aux demandeurs de tous les pays.

Il n’existe pas d’équivalent international de la vida laboral espagnole.

Un independent contractor américain, un travailleur indépendant britannique et un professionnel indépendant canadien peuvent se trouver dans des situations administratives totalement différentes.

Par exemple, l’autorité compétente pour confirmer l’enregistrement fiscal ou professionnel peut varier selon les juridictions et, dans certains pays, différents documents peuvent être disponibles en fonction de la structure juridique utilisée par le demandeur.

Une attention particulière doit également être accordée aux professionnels qui travaillent par l’intermédiaire de leur propre LLC, corporation ou autre société, car être propriétaire d’une entreprise et fournir des services professionnels en tant que travailleur indépendant constituent des situations juridiques différentes qui doivent être correctement analysées avant de déterminer comment structurer la demande.

Nous recommandons donc d’éviter de demander des documents ou des apostilles avant d’avoir déterminé quel document précis est réellement nécessaire pour le dossier concerné.

7. Trois mois d’activité et trois années d’expérience sont deux conditions différentes

Cette distinction suscite beaucoup de confusion parmi les demandeurs.

Les trois années concernent les qualifications professionnelles du demandeur lorsque l’expérience professionnelle est utilisée pour accéder à l’autorisation de séjour à la place d’un diplôme académique admissible.

Les trois mois, en revanche, concernent la relation professionnelle ou de travail préalable exigée par la réglementation applicable.

Dans le cas des travailleurs indépendants, les critères que nous constatons actuellement rendent également particulièrement important de pouvoir fournir des preuves documentaires de la situation professionnelle du demandeur en tant que travailleur indépendant pendant la période concernée.

Ainsi, le fait de justifier de trois années d’expérience professionnelle ne remplace pas l’obligation de démontrer correctement la période de trois mois précédant immédiatement la demande.

Il s’agit de deux questions distinctes, qui doivent toutes deux être correctement justifiées lorsqu’elles sont applicables.

8. Que se passe-t-il si j’ai déjà déposé ma demande et que je reçois une demande de documents complémentaires ?

Recevoir une demande de documents complémentaires de la part de l’UGE ne signifie pas automatiquement que la demande sera refusée.

Cela signifie que les autorités espagnoles considèrent qu’elles ont besoin de documents ou d’informations supplémentaires avant de pouvoir prendre une décision concernant le dossier.

Il est toutefois essentiel d’analyser attentivement ce que l’UGE demande exactement.

Lorsque la demande concerne l’expérience professionnelle ou le statut de travailleur indépendant, il peut être nécessaire d’obtenir des documents à l’étranger, de faire réaliser une apostille puis d’obtenir une traduction assermentée.

Pour cette raison, les délais sont particulièrement importants.

Nous ne recommandons pas de se limiter à présenter à nouveau les mêmes documents que ceux fournis lors du dépôt initial. Il convient plutôt d’analyser la raison de la demande afin de déterminer quels justificatifs peuvent répondre précisément à la question soulevée par l’administration.

9. Les conditions du Visa de Nomade Digital ont-elles changé en 2026 ?

Cette question nécessite une précision importante.

Bon nombre des conditions abordées dans cet article étaient déjà prévues par la législation existante.

La loi 14/2013 prévoyait déjà, entre autres, trois années d’expérience professionnelle comme alternative à certaines qualifications académiques, l’activité réelle et continue de l’entreprise étrangère ainsi que l’existence d’une relation de travail ou professionnelle pendant au moins les trois mois précédant la demande.

Ce que nous constatons principalement en 2026 est un durcissement des critères documentaires appliqués par l’UGE afin de vérifier que ces conditions sont effectivement remplies.

En d’autres termes, les demandeurs ne devraient plus uniquement se demander :

« Est-ce que je remplis cette condition ? »

Ils devraient également se demander :

« Est-ce que je dispose de suffisamment de documents officiels pour prouver à l’UGE que je remplis cette condition ? »

Cette distinction peut être déterminante dans la préparation d’un dossier.

10. L’importance de préparer correctement votre demande avant son dépôt

Le Visa de Nomade Digital reste une excellente option pour de nombreux professionnels internationaux souhaitant s’installer en Espagne.

Cependant, les critères actuellement appliqués par l’UGE rendent particulièrement recommandable la réalisation d’une analyse documentaire préalable beaucoup plus approfondie.

Cette analyse est particulièrement importante si :

  • Vous souhaitez justifier vos qualifications grâce à trois années d’expérience professionnelle.
  • Vous travaillez comme indépendant, freelance ou independent contractor.
  • Vous exercez votre activité par l’intermédiaire de votre propre LLC ou société.
  • Votre pays ne délivre pas de document équivalent à la vida laboral espagnole.
  • Vous devez obtenir des documents officiels et les faire apostiller.
  • Vous avez récemment commencé à exercer en tant que travailleur indépendant.
  • Vous avez récemment changé de client ou d’entreprise.

Préparer correctement ces aspects avant le dépôt de la demande peut permettre d’éviter des demandes ultérieures de documents complémentaires et, surtout, des situations dans lesquelles il devient difficile d’obtenir les documents requis dans le délai accordé par les autorités espagnoles.

Vous préparez votre demande de Visa de Nomade Digital en Espagne ?

Chez Spain Visa Lawyers, nous analysons chaque demande individuellement afin de déterminer les documents qui doivent être fournis en fonction du pays du demandeur, de sa situation professionnelle et de la structure de sa relation de travail ou commerciale.

Les critères documentaires de l’UGE évoluent, et des documents qui pouvaient être suffisants pour des dossiers antérieurs ne sont pas nécessairement les plus adaptés à une nouvelle demande.

Si vous préparez votre demande de Visa de Nomade Digital en Espagne, si vous travaillez comme indépendant ou independent contractor, ou si vous avez reçu une demande de l’UGE concernant des documents complémentaires relatifs à votre expérience professionnelle ou à votre statut de travailleur indépendant, nous pouvons examiner votre situation et vous aider à préparer les documents nécessaires avant le dépôt de votre demande ou avant de répondre à l’administration.

Nouveaux critères UGE 2026 pour le Visa Nomade Digital : 3 ans d’expérience, statut indépendant, activité préalable, apostilles et documents requis.